Inauguration du lavoir de Mortefontaine, dit de l’Escole Corbin (Mot du Maire)

By 17 septembre 2016 Actualités

Inauguration lavoir de Mortefontaine l’Escole Corbin

Journée du patrimoine 2016

samedi 17 septembre

Bienvenu au lavoir pour les journées du patrimoine 2016 : notre commune de Sougé participe à cette manifestation nationale en inaugurant son lavoir reconstruit.

Le lavoir de Mortefontaine, dit de l’Escole Corbin, est reconstruit tel qu’il était à l’origine bien que les archives nous manquent à ce sujet.

C’est ainsi que nous avons des  photographies des années 1950 qui nous montrent ici un lavoir à 3 pans (cf. expo).

[]Longtemps la lessive s’est faite sur une pierre inclinée ou une simple planche : les femmes vont laver leur linge à la rivière, à la fontaine ou à la mare communale. Les inconvénients sont évidents : les habitants qui viennent s’approvisionner en eau pour leurs tâches domestiques y trouvent une eau souillée par les savons et les saletés.

Il apparaît nécessaire de supprimer au plus vite ces causes d’infection. L’édification de lavoirs s’impose. Par ailleurs, la propreté du corps devient un impératif et celle du vêtement aussi. Le linge peut véhiculer des germes malsains.

L’eau devient l’objet d’une attention accrue. Sa pureté devient un impératif.

La création des lavoirs résulte ainsi d’une prise de conscience collective de l’importance de la salubrité publique et des principes élémentaires d’hygiène. Choléra, variole et typhoïde meurtrissent le XIXème siècle.

La loi du 3 Février 1851 vote un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs.

L’Assemblée législative vote un crédit de 600 000 F le 3 décembre 1851, sous Napoléon III, pour la construction de lavoirs publics.

Les travaux étaient mis alors en adjudication sur rabais à la chandelle, d’où une certaine similitude de conception et de matériaux.

Dans certaines communes, les femmes utilisaient les lavoirs gratuitement, dans d’autres communes, elles devaient payer un droit.

On constate effectivement que c’est après 1850 que ces lavoirs firent vraiment et partout leur apparition, les lavoirs tels que nous les connaissons : aménagés, couverts, transformés en bâtiments fonctionnels et considérés comme indispensables à la vie de la commune en facilitant un tant soit peu le labeur des lavandières.

Autrefois il y avait au moins un lavoir par village ou hameau et l’on pouvait estimer l’importance du village au nombre de lavoirs qu’il possédait ou à sa longueur.

Soucieux de préserver ce patrimoine rural qui témoigne de la vie de notre village, la commune de Sougé le Ganelon a proposé à la Communauté de Communes des Alpes Mancelles de procéder au financement de la reconstruction de cet ouvrage, dans le cadre de sa compétence « petit patrimoine rural *». Outre ce lavoir et grâce à cette politique, la communauté de communes a sauvé également les lavoirs de Montreuil le Chétif et Douillet le Joly.

Après une étude menée par le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe (CAUE), l’entreprise l’Atelier du Bois (saint Victeur) a été retenue pour procéder aux travaux de reconstruction (ossature, charpente) ; l’entreprise Marteaux (saint Ouen de Mimbré) assurant la couverture (ardoises cloutées au clou de cuivre).

La réfection du mur côté domaine public a été assurée par un groupe de bénévoles compétents et motivés, sous l’égide de l’Association « Mémoire et Patrimoine de Sougé le Ganelon », avec le support des employés techniques communaux.

Le résultat est à la hauteur de l’exigence … et de l’espérance !

Construction presque insolite de nos jours, n’oublions pas que le lavoir, outre sa fonction de commodité domestique, avait une fonction sociale très importante : lieu de travail harassant pour les lavandières qui mettaient du cœur à l’ouvrage et de la bonne humeur, lieu de rencontres, de transmission des nouvelles à une époque où la télévision, internet, les réseaux sociaux dématérialisés ne saturaient pas l’espace social et public.

L’activité de nettoyage du linge était physiquement très difficile. Aussi, le fait de la pratiquer de façon collective la rendait plus facilement supportable : les femmes pouvaient discuter entre elles (on y entend « le journal parlé de la paroisse » comme le raconte Pierre-Jakez Hélias dans le film « Le cheval d’orgueil »), on plaisantait, on chantait… on y avait des conflits parfois …

Si ce lavoir pouvait parler, il nous rapporterait sans doute les joies et les peines des lavandières, les flirts, les amours naissants, les rencontres fortuites … en un lieu qui savait entretenir une certaine discrétion. Nombre de Sougéens se souviennent encore aujourd’hui de premiers émois vécus ici !

Loin de toute nostalgie, notre lavoir reconstruit est aujourd’hui un témoin de la vie communale où chacun pourra se remémorer ces souvenirs. Sa fonction est aujourd’hui patrimoniale car nous sommes très attachés à la vie de nos aînés et à la conservation et la transmission de notre histoire.

Je remercie l’ensemble des partenaires sur ce dossier, instruit par la commission « Tourisme » de la CCAM présidée par Fabrice Goyer Thierry, cette opération coûte 19 500 € ; le Conseil départemental de la Sarthe pour sa subvention à hauteur de 20 % ; le CAUE, l’Association « Mémoire et Patrimoine de Sougé » présidée par Nicole Dorneau, les bénévoles encadrés par Roger Roy qui ont assuré les travaux de réfection du mur.

De façon complémentaire, nous avons également ouvert un nouveau sentier piéton, par acquisition foncière, afin d’assurer une promenade continue qui boucle dorénavant l’ensemble du bourg : cette opération étant quant à elle portée par la commune.

Je tiens à remercier les jolies lavandières membres de l’association Mémoire et Patrimoine pour l’animation de cet événement et je vous souhaite une excellente journée.

Philippe Rallu

Maire de Sougé le Ganelon

Président de la CC des Alpes Mancelles

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