Après un dépôt de gerbe au Monument aux Morts de Sougé où sont inscrits les noms des Gardes mobiles massacrés par les soldats prussiens, le groupe, constitué d’environ 90 personnes, a déambulé dans les rues du village où des commentaires ont été apportés par le Maire  avec des points d’arrêt aux endroits qui ont été au cœur des évènements du 24 janvier 1871. Les incidents suivants sont à retenir : massacres de 3 Gardes mobiles, incendie d’une partie du bourg et de l’église, prise en otage du Maire chargé de réunir la rançon demandée par l’Occupant.

Fait assez rare, le monument aux Morts communal a été édifié après la guerre de 1870 : peu d’exemples existent en Sarthe car la construction de monuments s’est plutôt faite après la 1ère guerre mondiale. Voici, par étape, le programme de cette journée qui s’est déroulée sous un magnifique soleil en partenariat avec l’Association Mémoire et patrimoine de Sougé (textes de M. Jean Marc Dorneau), l’Association des Bercons de Ségrie (présidée par M. Lépinette Maire de Ségrie), l’Association des crinolines en cotillon (pour les costumes Second Empire), la Municipalité de Sougé.

Une exposition vous relate le détail de ces faits, visible en Mairie aux heures d’ouverture (jusqu’au 25 juillet).

Des panneaux ont été posés dans le bourg avec un plan (disponible en Mairie) qui vous permet de refaire le parcours de cette journée du 24 janvier 1871. Les étapes sont numérotées.

1 – dépôt de gerbe

en mémoire de :

François Alibert, né le 7 février 1847 à saint Félix en Haute Garonne, 23 ans, dcd le 24.01.1871, 24ème Régiment Mobiles de Haute Garonne.

Guillaume Caillaux, né en Haute Garonne, en 1848, 22 ans, dcd le 24.01.1871, même régiment.

Alcide Rouland, né le 28 septembre 1853 à saint Aubin du désert, 18 ans, dcd le 24.01.1871, otage civil.

Louis Joseph Dupont, né le 27.01.1850 à Sougé le Ganelon, 21 ans, dcd le 27.01.1871 à l’ambulance militaire de Croissy sur Seine, Légion étrangère 5ème bataillon (ne figure pas sur le monument aux Morts).

Tous les quatre étant victimes de la guerre Franco Prussienne.

 

(minute de silence)

(Marseillaise chantée)

Après les évènements du 24 janvier 1871 et de l’incendie volontaire d’une partie du bourg, les 3 morts de Sougé sont inhumés dans l’ancien cimetière situé à côté de l’église.  Par la suite, le nouveau cimetière, dont le terrain a été offert par Pierre Moulard, qui deviendra Maire de Sougé en 1890, propriétaire du manoir de l’Escole Corbin, est béni en 1872. En 1876, sur l’avis de la préfecture, le Conseil municipal, présidé par Jacques Thireau, décide le transfert des restes des 3 mobiles tués en 1871, de l’ancien cimetière vers le nouveau. En 1877, exhumation des corps de Alibert et Caillaux ainsi que de Rouland et transfert vers le nouveau cimetière, près de la chapelle Moulard. En 1878, sur la tombe des 3 victimes est érigé le monument aux morts, en granit d’Alençon, en forme de pyramide, avec le produit d’une loterie pour le financer. En 1879, a lieu la bénédiction du monument avec 2000 personnes présentes.

La chapelle, ouverte pour l’évènement, est une concession funéraire privée, avec 4 corps inhumés, ceux des filles de M. Mme Moulard, Elisabeth et Marie, mortes à l’adolescence et ceux des parents (Mme Moulard décédée en 1897 et M. Moulard décédé en 1899). L’entretien et la protection de ce monument relève actuellement de la commune de Sougé. M. Moulard eu un rôle important dans la transmission des missives apportées par le dernier ballon atteri à Sougé (portant le nom « Le Général Cambronne »).

2 – La ferme de la Martinière

La tragédie des évènements commença ici le 24 janvier. Une patrouille de reconnaissance prussienne , partie de Fresnay, se présente vers 1 heure de l’après midi. Elle est accueillie par des Francs Tireurs  français. 5 d’entre eux tirent sur la patrouille et blessent un cavalier et son cheval. Les prussiens font demi tour et retournent à Fresnay. Ordre est donné par le général prussien de retourner à Sougé, avec un détachement de cavalerie faisant partie du 2ème Régiment de hussards Hessois, pour incendier le bourg.

Le général commandant  Karl von Schmidt avait prévenu le Maire :  « si un seul coup de fusil est tiré sur ses soldats, le village serait brulé … »

Les combattants français pouvaient soit faire partie de l’armée d’active comme engagés, soit se trouvaient basculés dans les régiments départementaux de la Garde mobile. Pour la Sarthe, c’est le 33ème Mobiles qui est formé en août 1870, avec 4 bataillons, avec à sa tête le Lieutenant Colonel vicomte Henri de la Touanne.

3 – l’incendie

L’armée prussienne prend possession des lieux et sans ménagement moleste les habitants. Le récit de l’abbé Morançais, aumônier du 33ème mobile est édifiant : « cet incendie présente un bilan très lourd : 37 habitations détruites et 25 endommagées ». Parmi celles ci, la maison de l’école des Garçons  qui est aussi la mairie de l’époque. Elle avait été construite en 1866 et reconstruite en 1873 grâce à une subvention du ministère de l’instruction publique, une subvention du département et une souscription publique dite du sou des Chaumières pour la reconstruction de 2 maisons. Une plaque commémorative, initialement posée sur la façade, est conservée en Mairie.

4 – La Castine

2 soldats recueillis par la propriétaire, Mme Gontier, furent exécutés par les soldats prussiens, dans des conditions particulièrement inhumaines : sortis de la maison, pourchassés, traînés et piétinés par les sabots des chevaux …La Castine a été la propriété de la famille Gontier dont un membre fut Maire de Sougé de 1908 à 1919. Cette famille fut très liée à Joseph Caillaux, élu de Mamers, Président du Conseil, Ministre des Finances avant guerre. Suite à un legs au bénéfice de la commune en 1971, des sépultures familiales, situées à Paris et à Sougé, sont entretenues par la commune.

5 – La Guyardière

Après avoir incendié le bourg, malmenés les habitants, les prussiens se saisissent du Maire, Jacques Thireau, propriétaire de cette maison également incendiée par l’occupant. Le maire est retenu en otage et est envoyé dans les prisons de Fresnay à 6 h du soir. Il convient de souligner que le Maire est à l’époque nommé par le Gouvernement et doit réunir la « rançon » demandée par l’Occupant. C’est pour cette raison qu’il fut fait « otage ». La Guyardière est une ancienne prestimonie, à savoir un bien civil dont les revenus (maison et fermes) devaient servir à entretenir la Cure (église et curé). Dans certaines maisons, on retrouve encore sur les cheminées de la pièce principale un crochet qui permettait de séparer la pièce en 2 : une partie pour la famille, 1 partie pour l’Occupant prussien.

Un mot sur la vue des façades arrière du Prieuré (XV ème siècle) avec des bases IX ème siècle. Tour remarquable.

6 – l’église

L’église a subi également l’incendie. Le clocher est reconstruit avec les moyens du bord, insuffisants. Ce qui a pour conséquence qu’en 1896, le clocher s’effondre. En 1902, le clocher actuel est reconstruit avec une structure métallique en remplacement d’un ancien toit en batière, faisant disparaître l’ancienne façade romane. Cette église a été fondée par les moines de la couture du Mans entre le XI ème et XII ème siècle. Elle fut incendiée la première fois par les Huguenots en 1562. A cette occasion, le groupe, s’installant sur les bancs de l’église, s’est vu présenter les trvaux de restauration des biens cultuels (Dormition de la Vierge du XVè – prêtée à l(Abbaye Royale de l’Epau, saint Jean Baptiste, les vitraux remarquables du XXè, le vitrail de la guerre de 1914 …). Le projet de restauration de statues du XVII è situées dans les alcôves du choeur …

7 – Ballon Le Général Cambronne

départ du ballon le 28 janvier 1871 de la gare de l’Est à Paris. Ce ballon est dirigé par Auguste Tristant, 24 ans, et il transporte des courriers  dont une dépêche importante du Ministre de l’Agriculture demandant le ravitaillement de Paris, assiégé et affamé.Après bien des difficultés, le ballon atterri à la Frette, à Sougé. Auguste Tristant devait porter les courriers à Mayenne, au commandement : il fut aidé en cela par M. Moulard, qui au péril de sa vie, achemina à pied les précieuses missives.

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